Plus que PRO : Quelle part occupe la réfection de sièges et de canapés dans votre activité ?

Jean-Marc Schramm : C'est une part variable, qui peut aller jusqu'à 80% suivant les mois ou les demi-années. Ce pourcentage varie aussi suivant la saison, on fait davantage de rideaux et de stores que de sièges au printemps, par exemple.

Parmi les fauteuils que vous traitez, quelle est la part de fauteuils contemporains et de fauteuils anciens ?

La part de fauteuils anciens est très grande, dans les 80%. Seulement 20% de sièges contemporains donc, mais ça augmente un peu en ce moment. C'est sûrement lié au Grenelle de l'Environnement, à l'écologie, les gens préfèrent faire réparer que jeter, même pour les fauteuils modernes.

Sur quels styles de fauteuils avez-vous déjà travaillé ?

Beaucoup de Voltaire (des sièges au dossier très haut, évasés vers le haut), du Louis-Philippe, des fauteuils cabriolet Louis XV (des petits fauteuils avec de petits dossiers, reconnaissables à leur corbeille à bleuets), des canapés crapaud (avec des bosses, parfois des franges)... On fait des sièges Louis XV complets aussi, qui reviennent à la mode et qu'on relooke de façon contemporaine.

Et quelles sont les techniques de réparation que vous utilisez ?

Il faut savoir que chaque fauteuil que l'on traite est systématiquement mis en pièces : on dégarnit chaque siège jusqu'à la carcasse, on sépare tous les morceaux avant de les recoller, pour s'assurer que le siège ne bouge pas.

Pour le reste, on fait d'abord un sanglage pour coudre les ressorts, puis un guindage, c'est-à-dire qu'on ficelle les ressorts entre eux, comme un filet. Vient ensuite l'étape du rembourrage. Pour le semi-traditionnel, on utilise du Bultex, qui offre un confort plus grand et qui ne s'affaisse pas. Si le client souhaite du 100% traditionnel, on emploie une garniture en crin de cheval, puis on pique, on fait des points.

Est-ce qu'on vous confie parfois des sièges trop usés pour être réparés ?

Ça a pu arriver, quand ils sont rongés par les vers... Mais actuellement je travaille aussi avec un ébéniste pour pouvoir changer les bois, donc on finit par savoir tout réparer.

Vous avez beaucoup à faire en ce moment ?

La part de sièges a doublé depuis notre adhésion à Plus que PRO. Les gens ne savaient pas forcément trop où faire réparer leur fauteuil jusque-là, ils ont particulièrement retenu cette partie de notre activité. Pour cet été, on a déjà 12 fauteuils et 2 canapés à restaurer !

Une dernière anecdote avant de vous laisser reprendre le travail ?

J'ai remarqué qu'une clientèle de plus en plus jeune vient nous voir en disant « je souhaite refaire le fauteuil qui appartenait à mon grand-père ». Certains mettent même en place des cagnottes au cours d'anniversaires par exemple, pour pouvoir financer en commun la restauration de leur siège ! C'est un phénomène nouveau et sympathique que je vois émerger.